Tops de l’année

Bonjour à tous !

Pour fêter l’année d’existence de ce site internet, retrouvez dès à présent nos tops pour l’année 2013, et nos tops généraux. D’autres seront à suivre.

Arnaud Moschenross :

Lacrau (2013) de João Vladimiro :

“ ‘Lacrau‘ représente l’essence même de ce que doit être un film d’anthropologie visuelle (au-delà du documentaire et vers l’expérimentation). João Vladimiro est la grande révélation de Lussas 2013. ”

 

Leviathan (2012) de Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel :

“ De la GoPro et de l’abstraction. Le ‘Leviathan‘ émerge des fonds marins et nous immerge dans son dispositif, ouvert à des visions hallucinées ! ”

 

Révolution Zendj (2013) de Tariq Teguia :

“ Persistance rétinienne, le cinéma de Tariq Teguia inscrit au fond de l’œil la rémanence des fantômes de la ‘Révolution et les traces du soulèvement matricielZendj‘. Aujourd’hui, nous questionne-t-il, qui sont les réels révolutionnaires ? ”

 

Chantier A (2013) de Tarek Sami, Karim Loualiche, Lucie Dèche :

“ De l’ascèse de la culture Kabyle à l’autarcie de la vie Touareg, ‘Chantier A‘ cherche à [dé]construire la géographie de l’identité Algérienne. Admirable. ”

 

L’Image manquante (2013) de Rithy Panh :

“ Rithy Panh fait sa révolution copernicienne. Tournant son regard vers le ciel, il effectue une introspection personnelle à la recherche de ‘L’Image manquante‘, celle de l’enfance. ”

 

The Act of killing (2012) de Joshua Oppenheimer (II) :

“ Que signifie l’acte de filmer et celui de regarder ? Voilà bien longtemps que le cinéma n’avait pas poser cette question en des termes aussi saisissants. Joshua Oppenheimer en redéfinit les limites. ”

 

Mundane history (2012) de Anocha Suwichakornpong :

“ Anocha Suwichakornpong nous fixe d’abord à notre siège pour ensuite mieux pouvoir nous faire survoler au-delà de notre imaginaire. Hypnotique. ”

 

Los Salvajes (2012) de Alejandro Fadel :

“ ‘Los Salvajes‘, supernova où l’homme face au cosmos revient à l’état de poussière d’étoiles, perdu dans l’espace et le temps. Incandescent ! ”

 

 Post Tenebras Lux (2012) de Carlos Reygadas :

“ Par ses images morcelées en cercles concentriques, Carlos Reygadas signifie le cycle naturel de la vie humaine où, parfois, des Ténèbres peut jaillir la Lumière. ”

 

Metéora (2012) de Spiros Stathoulopoulos :

“ ‘Metéora‘, ou l’Origine du monde/du désir vue par Spiros Stathoulopoulos. Une atmosphère enflammée pour une œuvre picturale flamboyante ! ”

Top 10 général :

– Stalker (1979) de Andrei Tarkovski ;
– The Limits of Control (2009) de Jim Jarmusch ;
– Muriel, ou le temps d’un retour (1963) de Alain Resnais ;
– Sans Soleil (1982) de Chris Marker ;
– Le Lac des femmes (1966) de Kijû Yoshida ;
– Damnation (1988) de Béla Tarr ;
– Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieurs) (2009) de Apichatpong Weerasethakul ;
– Les jours de l’éclipse (1988) de Alexandr Sokurov ;
– Il était une fois en Anatolie (2011) de Nuri Bilge Ceylan ;
– Code inconnu (2000) de Michael Haneke

Jérémie Valdenaire :Top 2013 :-          Heimat (Chronique d’un rêve / L’exode) (Edgar Reitz)
Le plus gros choc de l’année, par son noir et blanc absolument magnifique, sa représentation d’une vie paysanne quasi documentaire et surtout son aspect de film fleuve, à travers deux années de politique, d’exil et de romance dans l’Allemagne du XIXème siècle.

–          Leviathan (Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel)
Documentaire expérimental absolument renversant (sans aucun mauvais jeu de mots), qui nous permet d’habiter un chalutier en pleine mer, d’être amené avec les filets au fond des abymes pour mieux en ressortir, sous un nuage de mouettes couvrant le ciel orageux.

–          Lacrau (João Vladimiro)
Découverte dès la première matinée au festival de Lussas, que cet autre documentaire expérimental, aux limites de l’hallucination, du rêve et surtout de l’hypnose. Mention spéciale au plan séquence de la bergerie, aux magnifiques paysages portugais parcourus d’une main de maître et surtout à l’incroyable plan final, lui aussi sur fond de silhouettes de mouettes.

–          Touch of Sin (Jia Zhang Ke)
Parce que le film représente une synthèse du cinéma de son auteur, propre à plonger dans la vie populaire chinoise, mais surtout pour le parti pris jamais vu auparavant chez lui d’aborder la violence frontalement.

–          Shokuzai (Kiyoshi Kurosawa)
Choix difficile, tant la fin de ce double film m’a déçu, par ses aspects explicatifs et audiovisuels. Pourtant, durant plus de 3h, il n’a cessé de m’émerveiller de par son histoire étrange, insolite, parfois très malsaine, et ses personnages très particuliers, loin de ce que j’avais l’habitude de voir.

 

TOP 15 Personnel hors 2013:

–          La Chute de la Maison Usher (1928, Jean Epstein)
Peut-être parce que Jean Epstein, en tant que cinéaste et théoricien, a toujours été mon maître à penser, et reste à mes yeux indépassable. Ce film, s’il s’éloigne des conceptions du cinéma pur de l’époque (étant à la fois film de genre et adaptation littéraire), reste son chef d’œuvre pour moi, et ses images ne cessent de me hanter.

–          Le Miroir (1975, Andrei Tarkovski)
Hésitation bien sûr, tous les films de Tarkovski étant de véritables merveilles. J’aurais tout aussi bien pu mettre Stalker ou Solaris, mais c’est bien Le Miroir qui m’a particulièrement ému, par sa construction propre à rappeler les mécanismes mémoriels, et par son aspect quasi autobiographique, qui donne à ce film des émotions très prégnantes. Et bien sûr, cette scène de rêve ahurissante, véritable matrice de tout un pan du cinéma de fantôme japonais contemporain.

–          Barry Lyndon (1975, Stanley Kubrick)
Le chef d’œuvre de Kubrick pour moi, son film le plus abouti, à la fois sur le plan stylistique comme sur le plan narratif. Je ne cesse de m’y replonger, c’est un des rares films relevant du NRI qui parvient à m’impliquer émotionnellement de cette façon.

–          Vaine Illusion (1999, Kiyoshi Kurosawa)
Comme pour Tarkovski, j’aurais très bien pu mettre ici des films comme Kairo, Charisma ou Cure, mais c’est Vaine Illusion qui reste le film le plus intriguant de cet auteur pour moi, mais aussi son plus abscond. Quasiment aucun dialogue, des scènes de vie quotidienne d’une adolescence japonaise désœuvrée, au point de disparaître (littéralement) de l’image.

–          India Song (1974, Marguerite Duras)
Découverte récente, je ne considère pas India Song comme un film, mais bien comme un sortilège, dont les dialogues mélancoliques n’en finissent de hanter le spectateur. Tout dans ce film reste imprimé sur l’esprit, la fameuse pièce de piano éponyme de Carlos d’Alessio, les hurlements de damnés de Michael Lonsdale, l’Inde systématiquement hors-champ, cette aristocratie coloniale mourante…

–          Kwaidan (1964, Masaki Kobayashi)
Hésitation avec Hara-Kiri, mais Kwaidan a plus inspiré ma recherche, et se trouve beaucoup plus proche de mon propre imaginaire, notamment le segment de la femme des neiges. Une merveille visuelle, un des plus beaux films en cinémascope jamais vu.

–          Onibaba (1964, Kaneto Shindo)
Autre chef d’œuvre esthétique, sorti la même année, film très étrange et pourtant entêtant, inoubliable. Les paysages de ce marais dans lequel vivent les femmes bandits est traité d’une manière incroyable par Shindo, qui réalisera d’autre chefs d’œuvres du même niveau : Kuroneko, et surtout L’île Nue.

–          Sans Soleil (1982, Chris Marker)
Film fleuve, non par sa durée, mais par sa densité, c’est une œuvre de chevet que je ne cesse de revoir, découvrant sans cesse de nouveaux détails, de nouvelles significations. Un point de vue très pertinent et surtout humaniste sur le Japon, loin des clichés des détracteurs, ou même des partisans inconditionnels.

–          Les Harmonies Werckmeister (2000, Bela Tarr)
Hésitation avec Le Cheval de Turin, mais celui-ci possède peut-être quelque chose en plus, une sorte de mélancolie ambiante qui m’a plus captivé que le nihilisme de sa dernière œuvre. La scène de la découverte de la baleine constitue un sommet de cinéma pour moi, et ces plans séquences sont d’une beauté admirable.

–          L’arche Russe (2002, Alexandr Sokurov)
Impossible de parler de plans séquences sans mentionner ce film composé d’un seul plan séquence, un des plus beaux de l’histoire du cinéma lui aussi. Visite hallucinée du musée de l’Hermitage, à travers l’histoire de la Russie, dans un récit flottant, impalpable. Une merveille.

–          Le trésor des îles chiennes (1990, F.J. Ossang)
Pour la folie généralisée qui se dégage de ce film, moins punk que les autres œuvres d’Ossang, mais tout aussi labyrinthique et obscur. Sorte de remake sous acides de Nosferatu, doté d’une image en noir et blanc incroyable et d’une bande son purement hypnotique et mystique.

–          Heimat (Chronique d’un rêve / L’exode) (Edgar Reitz)
Pour les raisons citées précédemment, qui rejoint directement la 14ème place de ce top, film que je vais surement revoir de nombreuses fois pour mieux m’imprégner du génie de cette œuvre.

–          Embracing (1992, Naomi Kawase)
Au détriment de ses longs métrages de fiction tout aussi incroyables, ce documentaire de jeunesse révèle une sensibilité magnifique, à fleur de peau. La quête du père, le retour sur les lieux de jeunesse de la réalisatrice sont des images propres à marquer à jamais le spectateur, de par leur proximité avec son propre vécu, sa propre enfance.

–          Mononoke Hime (1997, Hayao Miyazaki)
Pour sa beauté plastique, et son romantisme lyrique et guerrier sublime. Loin d’une simpliste dichotomie nature/culture, le film s’avère extrêmement juste sur les rapports de force, et de nombreuses scènes relèvent du rêve de par leur beauté, et par leur représentation de ce légendaire Japon hors du temps, mythologique.

–          Ju-On (la saga complète, de 2001 à 2004, Takashi Shimizu)
J’aurais aussi bien pu mettre Marebito, mais j’ai choisi de mettre en mention spéciale cette saga terrifiante, puisqu’il s’agit de mon sujet de recherche privilégié depuis des années maintenant. Si il est peut-être moins transcendant que les films cités plus haut, sa narration audacieuse et d’une richesse incroyable au vue du sujet du film, sa gestion de l’angoisse et des scènes de terreur lui donnent une place légitime dans mon top 15. Peut-être l’aboutissement cathartique du cinéma d’horreur japonais, et malheureusement son dernier réel représentant à mes yeux avec Rétribution de Kiyoshi Kurosawa. 

 

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